Doit-on faire preuve de grande bienveillance envers nos enfants ?

J’admire les parents faisant preuve, au quotidien, de grande bienveillance envers leurs enfants.

En tant que parent moi-même, je me demande où est-ce que ces parents trouvent la potion magique leur permettant d’être aussi bienveillants avec leurs enfants.

Tout d’abord, je souhaiterai préciser ce que signifie pour moi être un parent « grandement bienveillant ».

Si l’on schématise les modes d’éducation, nous avons les « laxistes » (centrés sur la relation avec l’enfant sans cadre), les « bienveillants » (centrés sur la relation avec un cadre) et les « autoritaires » (centrés sur les besoins de l’adulte avec un cadre strict).

Les parents qui pratiquent la « grande bienveillance » dans leur mode d’éducation se trouvent entre les laxistes et les bienveillants. Ils sont centrés sur les besoins et les désirs de l’enfant tout en ayant un cadre.

Je vais vous donner des exemples de comportement de ces parents « grandement bienveillants ».

Ces parents n’élèvent, en général, que peu la voix vis-à-vis de leurs enfants. En fait, ils ne leur crient jamais dessus.

Ils lisent des livres ou suivent des stages sur la parentalité bienveillante.

Ces parents ont une bonne communication dans le couple au sujet de leurs enfants et sont prêts à se remettre en question.

Ils sont sans cesse à l’écoute des besoins et surtout des désirs de leurs enfants. Pour cela, ils se transforment très souvent en gentils animateurs avec leurs enfants et développent une grande créativité pour les occuper tout au long de la journée.

Quand vous les regardez agir, vous vous sentez être, à côté d’eux, un parent dictatorial et pas cool du tout.

Alors pourquoi est-ce que je vois ces parents très bienveillants venir en consultation même si cela reste assez rare ?

Ces types de parents « grandement bienveillants » sont persuadés d’être le modèle parfait de l’éducation à donner à leurs enfants. Ils ressentent même une grande fierté à pouvoir faire différemment de la grande masse des autres parents. La conséquence de cela, c’est qu’il est plus difficile pour eux de revisiter leur modèle d’éducation si parfait à leurs yeux.

Ils parviennent néanmoins jusqu’à mon cabinet de coach parental parce qu’un beau jour, ils commencent à se sentir moins bienveillants qu’à l’habitude. Ils se sont même surpris, à plusieurs reprises, à avoir eu des gestes ou des mots brusques avec leurs enfants.

Ces parents « grandement bienveillants » ont, pour la plupart d’entre eux, au démarrage, un gros réservoir de patience avec leur premier enfant. Mais à l’arrivée du deuxième, puis éventuellement du troisième enfant, ils ont épuisé leur stock de patience.

Ils viennent car ils se sentent un peu déboussolés. Ils constatent qu’à force de bienveillance et d’écoute des besoins et des désirs de leur enfant, leur enfant a pris l’habitude d’être en demande permanente vis-à-vis d’eux. Ils voient aussi qu’il a tendance, parfois, à se transformer en enfant capricieux.

Le piège de la grande bienveillance est là !

Ce n’est pas d’être à l’écoute des besoins de l’enfant qui pose problème mais c’est d’oublier d’être à l’écoute de ses propres besoins d’adulte.

Un jour, une dame me dit que son enfant de trois ans se réveille toutes les nuits depuis des mois. Cela oblige le papa et la maman, à tour de rôle, à se lever pour s’occuper pendant une heure et demi de leur enfant avant que celui-ci veuille bien se rendormir. Elle me décrit qu’elle et son mari sont à bout et ne savent plus comment faire.

Je lui ai demandé si elle pourrait envisager de laisser pleurer son enfant au lieu de répondre à son désir de présence nocturne. Elle me répond horrifiée : « Ah mais ce n’est pas possible, je n’admets pas de laisser pleurer seul mon petit enfant ! ».

Au vu de l’âge de son enfant qui n’est plus du tout un petit bébé, cette dame ne s’est pas aperçue qu’elle était rentrée avec son mari dans une logique sacrificielle qui ne supporte pas de laisser son enfant dans une situation d’inconfort.

En définitive, derrière la grande bienveillance qu’on applique envers nos enfants se cache une grande malveillance, celle que l’on s’applique à nous-mêmes en tant que parents.

« Il n’y a pas de parents parfaits ». Cette citation n’est pas là seulement pour se redonner le moral ou se consoler, c’est aussi une maxime à suivre pour être et rester dans une relation harmonieuse avec ses enfants et pas au détriment de soi.

Oui à la bienveillance éducative mais attention à la grande bienveillance ! Car le mieux est souvent l’ennemi du bien dans le domaine de l’éducation comme ailleurs.

Travail avec le coach :

Le travail du coach consiste à faire prendre conscience aux parents de ce qui se cache vraiment derrière la « grande bienveillance ». Ensuite, ces parents s’autoriseront peut-être à dire un « NON » ferme à leur enfant pour revenir à l’écoute de leurs besoins d’adultes.

Prendre conscience et mettre un terme à un sorte de démarche sacrificielle vis-à-vis de ses enfants afin de revoir ses croyances et accepter de ne plus être des parents parfaitement bienveillants.

Thierry CHAUME

Coach professionnel

www.leschiensnefontpasdeschats.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *