Les méthodes éducatives : Pourquoi elles ne peuvent pas marcher ?

Revenons tout d’abord sur le mot « méthode ». On peut mettre en place une méthode à partir du moment où le même phénomène se reproduit à fréquence régulière et toujours de la même façon.

Dans les entreprises industrielles par exemple, on trouve un bureau des méthodes qui indiquent quoi faire devant une situation problématique récurrente. On met en place un process, une méthode que tout le monde devra appliquer à chaque fois que cette situation se présentera.

En cas d’incendie, on a un process, une méthode pour réagir et chacun sait quoi faire.

Les constructeurs automobiles connaissent bien les méthodes. Ils en ont mis en place pour éviter que votre voiture ne tombe en panne. Cela s’appelle la révision. Et cela marche car cette méthode concerne spécifiquement le même type de voiture, de la même marque et souvent de la même année.

Pourquoi concernant la parentalité et la relation avec nos enfants, il est impossible de mettre en place une méthode ?

Premièrement parce que les situations problématiques rencontrées sont bien trop nombreuses pour toutes les répertorier. Pour que cela marche vraiment, il faudrait comme pour les voitures que nos enfants soient peu ou prou les mêmes et être confrontés aux mêmes situations.

Or comment une méthode pourrait-elle non seulement prévoir toutes les situations à problèmes, mais aussi tenir compte de chaque type d’enfants ? Et cela sans compter le fait que dans la famille sujette au même type problème, on a 2, 3, ou 4 enfants !

C’est bien évidemment impossible. D’autant plus que même si, vous aussi, dans votre jeunesse vous avez connu parfois des difficultés avec vos parents, on ne peut même pas utiliser le savoir acquis à l’époque car tout comme les voitures, les enfants d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier même à 20 ans près.

Internet n’existait pas, le téléphone portable ou les tablettes non plus. L’accès à la drogue, la pornographie, les inégalités sociales, les valeurs, la confiance en l’école etc… Tout cela a changé en vingt ans.

Aucune méthode ne pourrait se mettre à jour aussi rapidement pour répondre aux sujets rencontrés aujourd’hui par les parents avec leurs enfants. Dernier exemple en date, y-a-t-il une méthode pour gérer le confinement avec nos enfants ?

Régulièrement je me ballade sur les forums liés à la parentalité. J’y vais sur un en particulier qui est réservé aux parents qui ont été formés à la discipline positive ou à la méthode Montessori.

Autant vous dire qu’on a sur le papier le haut du panier chez les parents adeptes des méthodes d’éducations bienveillantes. Pourtant je constate que ces parents formés aux « méthodes tendances » liées à la parentalité ont les mêmes problèmes avec leurs enfants que les autres parents non-initiés. Leurs méthodes ne les protègent pas de la colère de leur aîné, de la difficulté de s’endormir pour le deuxième et du manque d’appétit du petit dernier.

Ces parents « tip-top » viennent sur le forum en posant leurs questions qui de facto montrent que leurs méthodes bien apprises ne les aident pas vraiment.

Je constate d’ailleurs que souvent ces parents ne cherchent pas une solution pérenne à leurs problèmes mais une astuce qui leur permettra de gérer comme d’un coup de baguette magique la situation en apportant la solution en deux minutes chrono.

Et le comble, c’est que plus de la moitié des problèmes rencontrés par ces parents avec leurs enfants est causé par l’application de leur fameuse méthode. Je vous donne un exemple. Un petit garçon de trois ans ne veut pas s’endormir le soir et appelle sans discontinuer sa mère ou se lève de son lit pour aller au salon.

La mère me décrit son malheur et dit qu’elle n’en peut plus, qu’elle est au bord du précipice et qu’elle ne sait plus comment faire.

Je lui explique que c’est sa trop grande écoute, sa trop grande bienveillance, qui pousse son enfant à ce comportement de dictateur.

Et cette maman censée être au bord de la crise de nerf de me répondre :

« Imposer des règles et s’y tenir n’est pas facile avec un mini dictateur de 3 ans d’où ma recherche d’astuces ! ».

Alors ces parents changent-ils d’avis sur leurs méthodes qui ne fonctionnent pas ? Pas du tout car ils sont certains d’avoir raison avec leurs méthodes magiques.

« L’erreur est humaine mais persévérer est diabolique » comme dit le proverbe.

Alors si l’on ne peut pas compter sur la moindre méthode pour éduquer ses enfants à qui peut-on faire confiance ?

Et bien la seule personne en qui vous pouvez avoir confiance c’est vous. Même si vous vous trompez ou avez peur de vous tromper, la seule personne digne de confiance et qui est la plus à même de juger de la situation c’est vous. En effet, c’est vous qui connaissez le mieux la situation ainsi que la personne qui connaît le mieux votre enfant. Ces deux critères vous mettent en haut du palmarès pour répondre efficacement à la situation en cours bien avant n’importe quelle méthode.

Alors si l’on ne peut compter que sur soi, à quoi peut bien servir un coach parental ?

Je ne peux que répondre en mon nom mais pour moi un coach parental ne sert à rien. Il ne sert à rien pour les parents qui appliquent des méthodes et il ne sert à rien à ceux qui veulent des astuces et il ne sert à rien aux parents qui ne se sentent pas responsables de la situation problématique avec leurs enfants.

Par contre, pour les parents qui sont assez courageux pour être prêts à changer leur manière de faire, ils peuvent décider alors de rencontrer un coach pour qu’il les aide à trouver leurs solutions en fonction de la personnalité de leur enfant, de la situation en jeu et des relations à l’œuvre à l’intérieur de leur famille.

Donc le plus grand service que vous puissiez rendre à vos enfants est de vous faire confiance car l’enfant a avant tout besoin d’un adulte qui sait où il va même si parfois il se trompe un peu de chemin.

Thierry CHAUME

Coach en parentalité

http://leschiensnefontpasdeschats.fr/

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