Être parent laxiste, autoritaire ou bienveillant faites votre choix !

Nous allons voir ensemble quels sont les modèles éducatifs principaux qui peuvent nous inspirer en tant que parents.

Nous présenterons les modèles éducatifs et indiquerons quels types d’enfants chaque modèle génère.

Commençons par le modèle autoritaire.

Le parent autoritaire aime contrôler la relation qu’il a avec ses enfants et plus il y a de règles et de principes, plus le cadre lui semble solide et plus il se sent rassuré. En outre, dans ce modèle, il n’a pas besoin de se remettre en question ou d’expliquer ses décisions, « car le cadre c’est le cadre et le cadre a toujours raison. »

Et si l’on demande à ce « parent autoritaire » pourquoi le cadre a toujours raison ?

Ce parent pourrait répondre : « Parce qu’il en a toujours été ainsi et que moi j’ai été éduqué dans ce cadre et je n’en suis pas mort et que t’as vu aujourd’hui, j’ai un boulot, et je gagne de l’argent, et que cela a marché pour moi donc cela marchera aussi pour mes enfants…».

Le modèle autoritaire génère deux types d’enfants. Nous avons d’un côté l’enfant qui arrive à accepter ce cadre, à s’y soumettre, et on parlera selon Eric Berne, le fondateur de l’analyse transactionnelle « d’enfant soumis » et celui qui ne l’accepte pas et qui veut en sortir et qu’on appelle « l’enfant rebelle ».

Comment se définit cet enfant soumis ?

« L’enfant soumis » comme son nom l’indique se soumet aux volontés et aux besoins de ses parents et il devient donc un enfant gentil et obéissant pour pense t-il continuer à être aimé. Il développe un besoin de sécurité important car il a pour habitude de s’en remettre toujours à l’avis de ses parents pour décider ce qu’il doit faire. Il aura ainsi plus de mal à prendre ses propres décisions et sera incité à ne pas prendre trop de risques dans sa vie.

« Et alors, ce n’est pas bien de rechercher la sécurité ? » (me dit un parent autoritaire ancien enfant soumis)

Ce n’est pas que cela soit bien ou mal, c’est qu’il y a surtout un prix à payer à accepter de devenir un « enfant soumis ». Et oui, on n’accepte pas toutes ces règles sans étouffer quand même un peu. Cet enfant va devoir renoncer à une partie importante de lui pour rester dans ce cadre étroit et sécurisant en taisant tout ou partie de l’expression de ses besoins et de ses émotions.

Or, nos émotions sont ce qui nous rend unique, ce qui nous permet de savoir qui nous sommes vraiment, ce que nous acceptons ou n’acceptons pas en tant qu’individu. Notre « enfant soumis » aura donc beaucoup de mal à choisir ce qu’il veut faire dans la vie, à être indépendant par rapport au regard et au jugement de l’autre, bref à être vraiment lui-même car on ne lui aura pas permis d’être tout à fait qui il est vraiment.

« Et l’enfant rebelle c’est peut être mieux ? » (me dit un parent autoritaire ancien enfant rebelle)

Je ne sais pas si c’est mieux car « l’enfant rebelle », même s’il résiste à cette autorité étouffante et exprime ce qu’il désire, a aussi son prix à payer. En effet, pour choisir de rentrer en rébellion face au modèle parental autoritaire, il prend le risque de ne plus recevoir l’amour de ses parents. Pour supporter cette pression, il essaiera de vivre ses émotions à fond et pourra développer des conduites à risques voire des conduites addictives (drogue, alcool, jeux vidéos…) pour s’anesthésier et supporter la douleur de ne plus se sentir entièrement aimé par ses parents.

Le modèle autoritaire qui a été le modèle dominant chez les parents du vingtième siècle a produit majoritairement des « enfants soumis ». Pourquoi ?

Parce que pour un petit enfant, il est très difficile de risquer de perdre l’amour de ses parents en tentant de leur désobéir et donc il préfère respecter le cadre parental même si celui-ci est contraignant.

Françoise Dolto, la pédiatre et psychanalyste qui a influencé beaucoup de parents à la radio dans les années soixante-dix disait dans une conférence (lien en bas de l’article) qu’il vaut quand même mieux être un « affreux jojo », comprenez un enfant rebelle qu’un enfant gentil, comprenez soumis. Comme François Dolto le dit, « l’affreux jojo » une fois entré dans la vie professionnelle se sentira comme un poisson dans l’eau, enfin libre, alors que « l’enfant soumis » risque de tôt ou tard faire une dépression pour avoir trop contenu ses émotions et trop répondu aux attentes de ses parents.

Poursuivons en présentant le modèle laxiste

Le parent laxiste, lui, ne supporte pas le cadre qu’il estime étouffant pour l’expression du plein potentiel de son enfant. Pour ce parent, avoir une bonne relation avec son enfant est primordial.

Et si l’on demande à ce parent laxiste : « Pourquoi pensez-vous cela ? »

Ce parent pourrait répondre : « Parce que j’ai été élevé comme cela » (mode soixante-huitard) ou « Parce que j’ai étouffé dans un cadre trop strict et je veux que mon enfant se sente bien, se sente libre et qu’il ne soit pas comme ces autres moutons qui veulent tous vivre de la même façon… ».

Certes, le modèle laxiste est tentant car il met en avant la relation et les désirs de son enfant mais il possède un gros inconvénient, c’est que l’absence de cadre insécurise l’enfant. C’est comme amener son enfant dans une usine à bonbons et le laisser seul dedans. Il risque la crise de foie pour en avoir trop mangé. Au bout d’un moment, l’enfant issu du modèle laxiste va commencer à mettre en doute l’amour que ses parents ont pour lui. En ne les voyant pas mettre de freins à ses désirs, cet enfant va penser que ses parents se désintéressent complètement de lui et il va commencer à en vouloir à ses parents de le laisser entièrement libre, sans protection ni repère.

Ce modèle crée selon l’analyse transactionnelle : « un enfant libre destructeur ». Cet enfant risque de devenir un jour violent contre lui et contre ses parents car le cadre loin d’être uniquement contraignant sécurise l’enfant dans son développement et dans la confiance qu’il a envers ses parents.

Le modèle autoritaire et le modèle laxiste sont en réalité très proches dans leur fondement. En effet, ces deux modèles sont les deux faces de la même pièce qui se nomme « Autorité ». D’un côté on la supporte trop et de l’autre on ne la supporte pas.

Pour résumer simplement ces deux modèles, autoritaire et laxiste, je dirai qu’être un parent autoritaire, c’est se retrouver avec son enfant dans un magasin de jouets et lui dire : « Pas de jouets….. Car on n’est pas là pour ça ! », tandis qu’être un parent laxiste c’est dire à son enfant « Tu peux prendre tout ce que tu veux ».

Terminons en présentant une nouvelle voie « le modèle bienveillant »

Le modèle du parent bienveillant reprend les points majeurs des deux anciens modèles. Il conserve le respect d’un cadre, qu’il assouplit néanmoins, afin de préserver une bonne relation avec son enfant.

Le modèle d’éducation dit « bienveillant » est relativement récent par rapport aux deux autres modèles d’éducation appliqués jusqu’à présent. Grâce aux connaissances apportées par les neurosciences ces quinze dernières années et les nouvelles méthodes éducatives, la bienveillance est devenue un modèle de plus en plus pertinent pour nous aider, en tant que parent, à éduquer nos enfants.

Avant, nous connaissions surtout l’enfant dit « bien élevé » du modèle autoritaire et « l’enfant roi » directement issu du modèle laxiste.

L’arrivée d’un nouveau modèle (comme d’un nouvel opérateur dans la téléphonie mobile) mécontente les représentants des deux modèles en place qui avaient l’habitude de se partager le gâteau éducatif.

Pour le « parent laxiste », le parent bienveillant, qui souhaite développer une bonne relation avec son enfant et écouter ses besoins, apparaît néanmoins comme un parent autoritaire car il veut garder un cadre considéré comme limitant pour le bien-être de l’enfant.

Pour le « parent autoritaire », le parent bienveillant qui serait prêt à assouplir son cadre pour préserver la relation avec son enfant serait quant à lui considéré comme un parent laxiste.

En fait, si on se revendique en tant que parent du modèle bienveillant, on ne sait pas vraiment dans quelle case le placer.

« Vous êtes plutôt laxiste ou autoritaire, je ne vous comprends pas bien ? »

Face à des parents qui développent un modèle autoritaire, c’est-à-dire celui où les besoins de l’adulte doivent prédominer et le cadre tenu à tout prix, le parent bienveillant se fait vite reprocher d’être « trop à l’écoute de ses enfants » et ils lui agitent le chiffon rouge de « l’enfant roi ». Le modèle dominant du parent autoritaire veut rapidement faire revenir le parent bienveillant dans les clous de l’habitude, car on sait qu’il est toujours plus confortable et rassurant de prendre le même chemin pour arriver à destination que de tenter d’en prendre un nouveau.

Le modèle bienveillant crée un type d’enfant dit « enfant libre, créatif »

Comment est-il cet enfant libre, créatif ?

C’est un enfant qui communique avec ses parents sans peur et qui sait exprimer ses besoins et ses émotions vis-à-vis des autres. Cet enfant a appris à se respecter et sait dire non face à la pression du groupe, bien utile à l’adolescence, pour éviter de se mettre à fumer ou à boire comme les autres. Cet enfant n’accepte pas les relations de soumission avec ses parents et sait remettre en question l’adulte si besoin. Il n’accepte le cadre que s’il est bienveillant et respectueux. La discipline positive parle de faire preuve de « Fermeté bienveillante » et la communication non violente de se connecter à son enfant avant de le corriger, corriger dans le sens d’enseigner (Connect before Correct).

Devenir un parent bienveillant peut prendre un peu de temps, car il faut d’abord déconstruire et reconnaître les failles des modèles dominants avant d’accepter de changer pour ce nouveau modèle éducatif. Une fois qu’on est prêt à l’adopter, le parent bienveillant, saura mieux respecter les besoins de son enfant, accueillir ses émotions et adopter un autre type de vocabulaire avec lui (voir l’article http://leschiensnefontpasdeschats.fr/vocabulaire-bienveillance )

Sachez que la bienveillance, et cela est prouvé scientifiquement aujourd’hui avec les neurosciences affectives, développe beaucoup mieux le cerveau de notre enfant et permet de faire de notre enfant un être plus empathique.

Travail avec le coach parental :

Bien entendu, on n’est pas un parent autoritaire, laxiste ou bienveillant tout le temps avec son enfant. Parfois on a le sentiment de « lâcher un peu trop » et parfois « d’être un peu trop sévère » avec son enfant.

Il n’y a pas de mauvais modèle mais plutôt celui qui est le plus adapté aux circonstances. En grandissant, l’enfant voudra s’affirmer et plus le dialogue sera présent moins les oppositions se mettront en place.

Personnellement, en tant que coach, j’accompagne les parents pour qu’il puisse trouver les solutions qui respectent aussi bien leurs besoins d’adultes que ceux de leurs enfants.

Lors de mes séances de coaching, j’accueille toutes les émotions de l’enfant « soumis, rebelle, libre ou destructeur » qui sommeillent en chacun de nous. J’aide les parents à changer leur logiciel éducatif afin de développer un modèle qui soit plus respectueux des besoins de l’adulte et des besoins de l’enfant.

Certaines personnes seront mal à l’aise après la lecture de cet article, je le comprends, car notre enfant intérieur est toujours là et il ne demande qu’à s’exprimer enfin. Saurons-nous l’entendre ?

Lien vers conférence de Françoise Dolto
https://www.youtube.com/watch?v=rgbewZZGm3s

Thierry CHAUME
Coach parental

http://leschiensnefontpasdeschats.fr/

 

 

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