Et si on utilisait un autre vocabulaire avec nos enfants ?

En tant que parent, il en faut peu pour qu’un mot malheureux, une réponse hâtive transforment un moment sympathique avec notre enfant en drame.

Une relation harmonieuse avec ses enfants se joue parfois à peu de choses. Il suffit parfois de différer sa réponse ou d’utiliser un autre vocabulaire avec nos enfants pour apaiser la relation .

Je vais vous donner quelques exemples pour illustrer tous les bienfaits de légèrement modifier notre vocabulaire quand nous parlons à nos enfants.

Et si on remplaçait le mot « besoin » par le mot « désir » ?

En passant devant une vitrine de magasin, notre enfant voit un jouet qui l’intéresse et il nous dit : « Je veux ce jouet !». Si nous avons parfois tendance à répondre un peu rapidement, nous pourrions dire : « Non, pas de jouet !» et là notre enfant aurait de bonnes chances de rentrer dans une crise pour obtenir ce jouet.

Si à la place nous lui disions; « Oui, il est beau ce jouet ! ». Nous avons alors de meilleures chances pour que notre enfant nous réponde « Oui, il me plaît beaucoup !» et la crise n’aurait pas forcément démarrée.

Cela vous laisse sceptique comme procédé ?

En fait, l’enfant n’exprime pas un besoin quand il réclame un jouet mais simplement un désir. Le besoin nécessite en général d’y répondre rapidement (faim, soif, sommeil, amour..) tandis que le désir a surtout besoin d’être entendu. Donc, en disant à notre enfant que nous reconnaissons son désir d’avoir ce jouet, nous l’écoutons et nous accueillons son sentiment de plaisir qu’il s’est créé dans sa tête en s’imaginant jouer le temps d’un instant avec ce fameux jouet.

Et si on remplaçait les mots « Un point c’est tout ! » par les mots « D’accord, tu le feras un peu plus tard…»

Après l’école, nous allons avec notre enfant chez un de ses copains pour qu’il s’amuse et, au bout d’une heure, nous lui disons en sortant : « Dès qu’on rentre à la maison, au bain ! » et là, notre enfant ne veut plus avancer et il nous dit « Je ne veux pas prendre mon bain !».

Nous pouvons essayer une réplique dans le genre « Dès qu’on rentre, tu vas prendre ton bain, un point c’est tout ! » ou bien nous pouvons en essayer une autre comme « D’accord, tu ne prends pas ton bain dès qu’on rentre, tu le feras un peu plus tard… ».

Dans le premier cas, nous risquons d’avoir un retour à la maison très pénible avec notre enfant et même une fois arrivé à notre domicile, les choses ne vont pas pour autant couler de source avec lui, même si c’est à propos d’un bain 😉

En adoptant un vocabulaire trop ferme, nous figeons la situation et nous poussons notre enfant à rentrer en résistance pour affirmer ce qu’il souhaite. En effet, dans sa tête il n’est pas forcément contre l’idée de prendre son bain mais peut être qu’il a juste prévu de jouer encore un peu dans sa chambre avant de se laver.

En lui disant : « Ok, on le fera un peu plus tard » nous respectons son souhait sans pour cela remettre en question notre cadre protecteur et sur le fait qu’il est important de se laver avant de passer à table par exemple.

Et si on remplaçait le mot « Limite » par le mot « Repère »

Nous sommes au jardin d’enfant et nous donnons nos consignes à notre enfant « Je veux que tu restes à l’intérieur de la clôture du jeu ». Et nous nous apercevons que notre enfant trouve plein d’occasions de sortir de la clôture par exemple en jetant son ballon exprès dehors.

Si au lieu de lui fixer une limite à ne pas dépasser, nous lui disions plutôt « Tu peux te promener où tu veux du moment que tu restes dans les repères qui sont faits par la clôture car tu y es en sécurité ».

À la différence du mot « limite » qui a une connotation plutôt négative pour l’enfant, nous parlons plutôt d’autorisation et le mot « repère », avec sa connotation positive, l’invitera moins à jouer à dépasser cette attirante limite.

Et si on remplaçait le mot « Autorité » par les mots « Fermeté bienveillante»

Quand nous laissons entendre à notre enfant que nous sommes là pour incarner l’autorité, ou que nous faisons preuve d’autorité à son encontre, nous plaçons notre enfant dans une relation de subordination ou de soumission. Tel un agent de police ou un juge nous sommes là pour remettre notre enfant dans le droit chemin et donc nous pouvons le punir s’il contrevient aux règles fixées par l’« Autorité ».

Jane Nelsen, la psychologie créatrice de la discipline positive, écrivait dans son livre « D’où nous vient cette idée folle que, pour qu’un enfant se conduise mieux, il faut d’abord qu’il se sente dévalorisé ? ».

Au contraire, si dans les situations qui nécessitent un recadrage, nous décidons d’incarner et de faire preuve d’une « fermeté bienveillante », nous remplaçons de facto le rapport de soumission pour choisir, non pas le rôle d’un juge, mais celui d’un guide qui montre la voie pour le bien-être de l’enfant. Notre attitude empreinte de fermeté sera plus facilement acceptée et suivie d’effets car notre enfant ressentira, simultanément à notre recadrage, notre bienveillance à son égard.

Et si on remplaçait le mot « Crier» par les mots « Discuter ou Négocier» ?

Nous aimons bien obtenir rapidement le comportement attendu de la part de notre enfant. Pour cela, les cris et hurlements sont régulièrement utilisés afin d’atteindre ce résultat. Nous ne souhaitons pas rentrer dans le dialogue à tout bout de champ avec notre enfant pour expliquer chacun de nos actes. Nous souhaitons qu’il obéisse sans discuter et nous pensons que c’est mieux ainsi pour tout le monde.

Les parents n’aiment pas s’entendre dire qu’il faut discuter ou négocier avec ses enfants car ils pensent qu’ils perdent leur temps.

Hélas, ce temps précieux que nous croyons gagner sur l’instant en voyant notre enfant obtempérer à nos injonctions, nous allons le perdre et plus encore un peu plus tard. Les cris, les punitions insufflent dans l’esprit de notre enfant de la rancœur, un esprit de revanche et de rébellion et favorisent les tentatives de dissimulation.

Tout cela ressortira tôt ou tard. Il nous faudra à nouveau crier encore plus fort pour obtenir à nouveau le « bon comportement » jusqu’à ce que nous n’ayons plus de voix ou que nous restions sans voix face à la grosse bêtise réalisée par notre enfant.

Et si on remplaçait « 1,2,3 » par « 1,2,3 nous irons au bois » ?

Nous sommes souvent à dire à notre enfant pour obtenir le comportement souhaité : « Attention, je compte jusqu’à 3 et si à 3 tu n’as pas mis ta veste tu partiras sans à l’école et tu attraperas mal, alors 1, 2 et …….. ».

En général, l’enfant obtempère à cette formule simple et bien connue. Il obtempère oui, mais jusqu’à un certain âge et, un jour, il va nous regarder compter droit dans les yeux jusqu’à 3 et ne pas bouger pour autant car il aura compris qu’il ne se passe souvent rien après le 3.

Je ne prône pas le fait d’aller jusqu’au bout de l’ultimatum bien entendu, même si le laisser partir sans veste par temps froid histoire de lui faire comprendre qu’il aurait dû nous écouter est tentant. L’ennuyeux, c’est de récupérer notre enfant frigorifié à la sortie de l’école avec le risque qu’il tombe vraiment malade. C’est dans ce genre de moments qu’il peut être intéressant, pour nous parents de faire appel au jeu pour s’en sortir… « Et si tu me montrais ta rapidité pour mettre ta veste, alors je commence à compter en chantant la chanson que tu connais, 1,2,3 nous irons au bois, 4,5,6 cueillir des cerises, 7,8,9 dans mon panier neuf…. »

Il y a de fortes chances pour que notre enfant se prête au jeu, car il adore ça et nous ne sommes plus sur le registre de la menace inopérante et improductive, mais désormais sous l’aspect ludique, un langage qu’apprécient nos enfants.

Travail avec le coach parental :

Il suffit de pas grand-chose pour basculer du noir au blanc et inversement avec nos enfants. L’important est de garder la connexion et de préserver la relation avec notre enfant. Vous l’avez lu, un nouveau vocabulaire peut engendrer de nouvelles manières de faire plus efficaces et plus douces pour tout le monde. Cela vaut peut être le coup que l’on y réfléchisse, qu’en pensez-vous ?

Avec l’aide du coach, on regarde quels sont nos freins et nos difficultés, pour nous parents, de prendre le temps d’utiliser un langage et un vocabulaire bienveillant envers nos enfants. Si l’on n’y arrive pas, c’est que l’on a l’habitude de pratiquer, en général, un modèle d’éducation un peu trop autoritaire. En coaching, on travaillera sur les croyances et les peurs qui sous-tendent ce modèle afin de le changer. Et après, l’utilisation par les parents d’un vocabulaire bienveillant pourra se mettre en place très facilement avec ses enfants.

Thierry CHAUME

Coach professionnel

http://leschiensnefontpasdeschats.fr/

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